09 mai 2007
Qu’est-ce que l’homophobie ?
Faire son coming out, c’est toujours surmonter sa peur de l’homophobie. C’est lutter contre elle, même si ce n’est que pour soi.
A en croire les dictionnaires, l’homophobie existe depuis peu. 1993 pour le Robert, 1998 pour le Petit Larousse. Pourtant l’hostilité envers les homosexuels, hommes et femmes, est bien plus ancienne. C’est la prise de conscience et la dénonciation de l’homophobie qui sont nouvelles.
Pour faire simple, l’homophobie est une attitude d’hostilité ou d’exclusion envers les personnes homosexuelles, hommes et femmes.
Comme le racisme, l’homophobie ne repose sur aucun fondement sérieux. Elle considère l’homosexualité comme inférieure, anormale et marginale. Pourtant l’homosexualité existe en tout temps et en tout lieu.
L’homophobie est dévastatrice. De l’agression homophobe violente, voire mortelle, jusqu’à la peur constante et intérieure du rejet, elle prend de multiples formes. Aucune n’est négligeable. Il ne s’agit pas de dramatiser, mais bien de faire prendre conscience du problème. Car ce n’est pas gagné ! Pour Christine Boutin, l’homophobie est une invention des mouvements homosexuels pour étouffer le débat sur la "question homosexuelle".
Les arguments homophobes ont des origines très diverses : religieuses, pseudo-scientifiques, issues du bon sens près de chez vous. Aucun ne résiste à un examen sérieux. Ce serait rassurant si le fond du problème homophobe n’était ailleurs : l’homophobie est une peur irrationnelle qui cherche après coup des arguments pour se justifier. N’importe lesquels, et sans crainte de la contradiction.
Comme toutes les doctrines de haine (l’antisémitisme, le racisme, la misogynie...), l’homophobie provient de l’impossibilité de se représenter la différence, perçue comme une menace.
25 avril 2007
MENACE DU MINISTERE DE L'INTERIEUR

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Le magazine gay Illico menacé d'interdiction par le ministère de l'Intérieur
Le magazine gay gratuit Illico vient de recevoir un courrier du ministère de l'Intérieur qui le menace d'interdiction pour la présence de publicités pour des sites Internet ou téléphoniques de rencontres dans ses pages ainsi que ses critiques de films X. Une coïncidence troublante alors que le contenu du magazine n'a pas varié depuis des années, mais que sa rédaction mène une campagne très hostile à l'élection de Nicolas Sarkozy. |
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La rédaction d'Illico est tombée des nues ce matin à la lecture du courrier recommandé signé du Sous-directeur des libertés publiques du ministère de l'Intérieur (Marc-André Ganibenq), daté du 20 avril dernier, qui menace le titre d'interdiction à travers l'utilisation d'un article bien connu des éditeurs de presse (l'article 14 de la loi n°49.956 du 16 juillet 1949) qui vise officiellement à protéger la jeunesse et qui, selon une interprétation très restrictive, peut aboutir à sa disparition.
Le courrier en question reproche à Illico de publier "des textes et des photographies de nature pornographique susceptibles de choquer les mineurs qui pourraient l'acquérir". En cause, en particulier, la rubrique chroniquant les films X (sous le titre Rayon X) et la présence "en quantité de publicités pour des sites internet ou des serveurs de rencontres par téléphone explicitement sexuelles". Le courrier affirme en particulier que l'illustration de la chronique de films X comporterait des images présentant "des sexes masculins en érection".
Or la réalité est tout autre. La rubrique Rayon X publie depuis de nombreuses années des critiques de films X, comme certains confrères de la presse gay –Têtu en particulier. Les illustrations qui accompagnent ces articles sont soit de la couverture du dvd si elle ne présente pas de sexe en érection, soit une autre image du film ou encore une reproduction "floutée" da la partie représentant un sexe en érection. Le courrier du ministère ne donne d'ailleurs dans son courrier aucune précision sur un exemple quelconque qui aurait pu entrer dans le champ des reproches qui nous sont adressés. Sous entendant que la pratique courante d'Illico serait de présenter des sexes en érection. Même absence de fait précis pour ce qui concerne les publicités pour les serveurs internet et téléphone de rencontres. Aucune publicité –contrôlées à la fois par les annonceurs et le support qui les publie- n'est mentionnée comme pouvant poser un problème en particulier. Notons, là encore, que les mêmes publicités sont publiées simultanément par tous les supports de presse gay (Têtu, 2Xparis, Préf, BabyBoy, etc...).
Quant au risque que ces textes et images atteignent la jeunesse, faisons observer qu'Illico n'est pas diffusé en kiosque, mais strictement dans un réseau d'établissements fréquentés par une clientèle homosexuelle majeure (bars, discothèques, saunas, sex clubs) dont l'accès est précisément interdit aux mineurs.
Il y a donc quelque chose de profondément troublant dans l'activation de cette procédure à l'encontre d'Illico qui publie sans discontinuer depuis mars 1988 un contenu qui n'a jamais été assimilé par quiconque depuis près de 20 ans à un magazine pornographique mettant en danger la jeunesse de France. En revanche, Illico –chacun le sait bien- est un média d'information gay essentiellement centré sur l'actualité politique et sociale de la communauté LGBT. Et c'est aussi un média militant qui n'a jamais mis son engagement dans sa poche, en particulier depuis plusieurs mois, pour affirmer son opposition à l'ex-ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui dispute l'élection présidentielle en cours.
De là à voir une coïncidence entre ces éléments, il n'y a sans aucun doute que notre paranoïa bien connue à l'égard de cet homme politique, de ses méthodes et de son emprise sur les services de l'Etat qui l'étaye.
Illico va, bien entendu, faire valoir auprès des services de la Direction des libertés publiques ses arguments et tenir ses lecteurs et la communauté gay au courant de l'évolution de ce dossier. Nos lecteurs doivent savoir, que peu de publications ayant été l'objet de la procédure qui frappe aujourd'hui Illico en ont réchappé. La quasi-totalité des titres de presse concernés ont été frappés d'interdiction définitive.
source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=15375 |
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30 mars 2007
HOMMAGE A SOEUR SOURIRE
En 1961 le premier disque qu'une de mes tante m'a offert Soeur Sourire avec sa chanson Dominique au hits parade en tête pendant plusieurs mois
Dominique, nique, nique
S'en allait tout simplement,
Routier, pauvre et chantant
En tous chemins, en tous lieux,
Il ne parle que du Bon Dieu,
Il ne parle que du Bon Dieu
A l'époque où Jean Sans Terre, d'Angleterre était le roi
Dominique notre père, combattit les albigeois.
{au Refrain}
Certains jours un hérétique, par des ronces le conduit
Mais notre Père Dominique, par sa joie le convertit
{au Refrain}
Ni chameau, ni diligence, il parcourt l'Europe à pied
Scandinavie ou Provence, dans la sainte pauvreté
{au Refrain}
Enflamma de toute école filles et garçons pleins d'ardeur
Et pour semer la parole, inventa les Frères-Prêcheurs
{au Refrain}
Chez Dominique et ses frères, le pain s'en vint à manquer
Et deux anges se présentèrent, portant de grands pains dorés
{au Refrain}
Dominique vit en rêve, les prêcheurs du monde entier
Sous le manteau de la Vierge, en grand nombre rassemblés.
{au Refrain}
Dominique, mon bon Père, garde-nous simples et gais
Pour annoncer à nos frères, la vie et la vérité.
{au Refrain}
Vous vous dites quel rapport avec l'homosexualité, l'homophobie.
Soeur Sourire (son vrai nom est Jeannine DECKERS) c'est suicidé avec sa compagne le 25 mars 1985.
Elle est née le 19 octobre 1963 à Bruxelles. Son père, Lucien Deckers est pâtissier , sa mère est Gabrielle Denis, des commerçants aisés. Jusqu'à l'âge de 13ans elle vit avec ses parents et sa soeur cadette rue de Laeken à deux pas de la Place de Brouckère.
En 1946, toute la famille déménage pour gagner Woluwe-Saint-Lambert, une commune bruxelloise plus cossue pour tenir une pâtisserie et un salon de dégustation.
La future religieuse est une bonne élève au caractère indépendant. Elle entre dans les Guides, un mouvement de jeunesse catholique où elle reçoit le surnom d'Ourson concentré.
A l'issue de ses études secondaires, elle entre àl'école normale pour devenir en 1953 professeur de dessin. De1954à 1959 elle enseigne le dessin et joue de la guitare tout en suivant des cours dans un institut supérieur d'architecture.
En 1959 elle décide de tenter l' expérience moniale au couvent de Firchermont prés de Waterloo. En mai 1960 elle revêt l'habit des dominicaines. Elle restera attachée au monastère de Fichermont de 1959 à 1966.

Le 24 octobre 1961 elle entre dans les studios de la grande firme disquaire Philips pour enregistre un premier 45 tours. Début 1962 le disque sort et connaît immédiatement un succés considérable. La chanson Dominique restera numéro un durant 4 semaines et dix semaines en tête des hits parade des albums. Qui lui valut d''être numéro 1 au Top américain devançant le King Elvis Presley.
Le 21juin 1963, Soeur Luc -Gabriel, son véritable nom chez les dominicaines, prononce des voeux provisoires pour une période de 3 ans. Elle suit des cours de sciences religieuses à l'université de Louvain.
A la mi décembre 1964 elle retrouve, une amie d'adolescence, qu'elle ne quittera plus usque-là fin tragique. Le 20 juin 1965 elle renouvelle ses voeux au couvent de Fichermont.
En 1966 les Etats Unis décide d'exploiter le succès considérable de Soeur Sourire en lui consacrant un film avec l'aval des autorités religieuses belges.Comme le voulait la règle monacale, elle reverse la totalité de ses gains àl'ordre des dominicains.En juillet 1966, Jeannine Deckers signe une série de document que lui proposent sa Mère Supérieure et l'avocat conseil du couvent. Ces documents seront à l'origine des énormes problèmes que connaîtra la nonne chantante. dans ces documents la totalité des gains de Soeur Sourire reviennent à l'ordre mais les impôts à Jeannine Deckers. Elle quitte le couvent, ce dernier rompt le contrat avec la firme Philips.L'ordre des dominicains récupère les droits d'auteurs, les bénéfices de ses spectacles ce qui représente 2,5 millions d'euros.
Le 21 mars 1967 Jeannine Deckers se libère officiellement de son ordre. Les médias et le clergé disent qu'elle a attrapé la grosse tête et que c'est pour l'argent qu'elle quitte les ordres.
En 1967 elle provoque un scandale en composant la pilule d'or pour défendre la contraception.Les doutes quant à sa foi et les nombreuses épreuves qu'elle doit affronter la conduisent à une longue, profonde et grave dépression.
Elle suis des séances d'assistance psychologiques à répétition.

1974 Soeur Sourire reçoit des courriers des impôts lui réclamant des sommes considérables en guise d'arriérés. De plus en plus elle fait appel à des cocktails de médicaments mélangés à de l'alcool, les périodes d'euphorie succèdent à des périodes de dépression avec une fréquence alarmante. Elle évoque à plusieurs reprises des idées de suicide dans son journal intime.

1982 elle sort une nouvelle version de Dominique version gay, elle a peu de succès ses ennemis homophobes, presse people la traque.

Complétement désespérées les deux amies le 25 mars 1985 décident de mettre fin à leurs jours.La police locale retrouvera autour des 2 corps des lettres d'adieu, dans un coin de la pièce repose Adèle la première guitare de la nonne chantante. et une autre offerte par Georges Brassens. Suivant leur ultimes volontés Jeannine Deckers et Annie Pecher sont entérrées ensembles. Le 1er avril 1985 la mort de Soeur Sourire est annoncé aux médias.

Une fin qui laisse songeur si l'on pense que Soeur Sourire meurt dans le dénuement le plus complet alors que sa carrière a généré des gains pour environs 2,5 millions d'euros.
Cette page est un hommage rendu à Jeannine Deckers, lesbienne, qu'aucune assoc n'a aidé , le contexte étant différent de notre époque.
En 2005, 20 ans aprés sa mort , cette figure emblématique reviens nous interroger au travers un texte vif et poignant de Marie Destrait . L'auteur nous dévoile , sans complaisance, une personnalité attachante et sincère, qui en dépit de ses contradictions, eu le le mérite de lever le voile sur la difficulté de suivre un idéal au quotidien.
Bientôt un film: Cécile de France pourrait incarner à l'écran Soeur Sourire, connue pour son hit international "Dominique", dans un biopic éponyme de Stijn Coninx dont le tournage se déroulera courant 2008.
22 mars 2007
Inquiétudes après l'annonce de mesures homophobes en Pologne
| L'association Homosexualité et socialisme (HES) s'inquiète d'un "retour de l'Inquisition" en Pologne après l'annonce par le ministère polonais de l'éducation de mesures de répression contre l'homosexualité. |
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"Le vice-premier ministre et ministre de l'éducation Roman Giertych défend, sous prétexte d'interdire l'activisme homosexuel, le renvoi des professeurs manifestant une orientation sexuelle non conforme à la doctrine catholique. (...) Il s'est dit favorable à une répression pénale contre les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et transsexuelles) qui participeraient à des activités d'enseignement", rappelle HES dans un communiqué. Il y a deux jours, l'organisation des droits de l'homme américaine Human Rights Watch (HRW) a adressé une lettre au Premier ministre Jaroslaw Kaczynski dans laquelle elle met en garde contre l'adoption d'un projet de loi qui, selon elle, "bloquera la liberté d'expression et d'accès à l'information" dans les écoles polonaises. Cette loi "créera un climat d'intolérence et de menace contre les droits civils et politiques des enseignants polonais, des homosexuels, des bisexuels et des transsexuels", selon cette lettre.
Roman Giertych est le président de la Ligue des familles polonaises (LPR), un parti catholique ultra-conservateur et antisémite, à l'extrême droite de l'échiquier politique.
Rappelant que "les partis au pouvoir en Pologne se réclament d'un catholicisme fondamentaliste", HES voit dans ces dernières déclarations des raisons de "craindre des violations graves des libertés fondamentales reconnues par le droit européen".
SOURE ELLICO
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16 mars 2007
Bruno Wiel : «Je ne serai plus le Bruno d'avant l’agression»

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Il faut du courage à Bruno Wiel. Du courage pour lutter contre les conséquences de la terrible agression qu’il a subie, l’été dernier, et qui a failli le tuer. Du courage aussi pour témoigner de ce qu’est aujourd’hui sa vie, de ce que sont ses envies… En convalescence loin de Paris, Bruno Wiel témoigne pour "Illico". |
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Illustration : Bruno Wiel par Yul studio
Comment se déroule votre convalescence et quelles sont les conséquences sur votre santé de la terrible agression dont vous avez été victime l’été dernier ?
Je suis actuellement en convalescence chez ma mère où j'ai déjà longtemps vécu avant mon arrivée à Paris en 2002. Je me suis donc rapproché de mes vrais amis ainsi que de l'un de mes petits frères, le second étant toujours dans le 14ème. Suite au traumatisme crânien, une des parties de mon cerveau ne fonctionne plus, l'autre a pris le relais mais le temps de circulation des informations est très long et je dois continuer à suivre une rééducation par une orthophoniste, qui est aussi neuropsychologue. De plus, je suis très fatigable et n'ai plus aucune résistance physique : les nuits blanches et la tournée des bars du Marais ne me sont plus possibles ! Cette agression a totalement modifié ma vie et je ne serai plus le Bruno d'avant l’agression.
Quelles ont été les conséquences de votre agression pour vos proches, votre famille ?
J'ai toujours été proche de ma famille (mère, tante, frères).Tout le monde connaissait mon homosexualité. Toute ma famille et mes amis ont été et restent extrêmement choqués par ce qui m’est arrivé. Leur soutien a été essentiel, vital pour moi. Sans mes proches, je n’aurai pas trouvé la force de survivre et céderait aujourd’hui au découragement devant les efforts qu’il faut continuer d’accomplir pendant encore .….
Vous savez que votre agression a énormément marqué la communauté gay. Cette dernière s’est notamment mobilisée pour aider à identifier vos agresseurs, a adressé des messages de sympathie, s’est sentie concernée et solidaire. Qu’en avez-vous pensé ?
Il est certain que ma réponse première est que ce qui m'est arrivé ne doit pas se reproduire. Nous sommes dans le pays des droits de l'homme. Les préférences sexuelles ne sont pas une couleur de peau mais j'associe l'homophobie à du racisme. J’espère vraiment que ce qui m'est arrivé n'arrivera plus. L'homosexualité est victime de trop de fausses idées en France. Nous payons nos impôts comme tout le monde et avons sur nos salaires des cotisations pour les enfants alors que le droit d'adoption nous est refusée.
Aujourd’hui, vos agresseurs ont été interpellés ou se sont rendus à la police. Comment avez-vous appris ces nouvelles et quel a été votre réaction ?
Ma tante de Paris qui est boulangère et qui est aussi et surtout ma marraine, a toujours eu des contacts avec les policiers qui étaient en charge de l'enquête. Ils ont beaucoup fréquenté le Banana mais aussi le Cargo [aujourd’hui fermé] qui étaient les deux lieux où je passais le plus de temps. Je remercie énormément Carlos, patron du Cargo, et Blanche, une des responsables du Banana, pour leur énorme soutien et l'affection qu'ils m'ont apportés : ils étaient et restes des amis.
D’ici quelques mois, un procès aura lieu. Qu’en attendez-vous sur le plan personnel ?
Comme je le précisais plus haut, les mentalités françaises doivent évoluer. J'espère sincèrement que cela servira d'exemple : on ne peut vouloir prendre la vie de quelqu'un simplement du fait de ses attirances sexuelles. Lorsque deux hommes font l'amour : à qui font-ils du mal ? Seulement aux gens qui ne veulent ou ne peuvent comprendre. Je n'ai jamais eu de soucis avec ma famille, même ma grand-mère, aujourd’hui décédée, était au courant et a accepté. Eric la personne avec qui j'ai vécu cinq ans, qui habite maintenant à Marseille, est venu plusieurs fois me rendre visite à l'hôpital. Je veux vraiment que ce procès apporte quelque chose à la cause homo : nous ne sommes pas que ce qui est montré de nous dans les médias. Ma plus grande fierté, après ce que j'ai traversé, serait qu’il y ait une plus grande tolérance vis à vis des gays. Je compte œuvrer en ce sens.
Pour vous, est-ce important de savoir pourquoi et comment vos agresseurs sont devenus homophobes et si c’est la haine des homosexuels qui les a d’abord conduits à vous agresser si violemment ?
Je ne peux répondre à cette question car je ne sais pas encore qu'elles étaient leurs motivations. Pour ma protection, la bonne marche de l’instruction la défense de mes intérêts, je ne souhaite pas communiquer pour l’instant sur le fond du dossier.
Aviez-vous déjà été confronté à l’homophobie dans le passé ?
Je n'ai jamais été confronté à l'homophobie. Pourtant je représente le cliché facile : je suis blond, très mince : c'est tatoué PD sur moi ! Pourtant lors de ma dernière expérience professionnelle, je suis gestionnaire des paies et non pas comptable comme la presse l'a écrit, je n'ai pas révélé mon homosexualité et ai laissé planer le doute. Certains s'en sont doutés et en ont parlé à mes collègues. Je n'ai jamais eu de soucis concernant mon homosexualité que ce soit au sein de ma famille ou de mon entourage professionnel. Je ne m'en suis pourtant jamais caché et suis fier d'être PD.
Vous acceptez aujourd’hui, courageusement, de témoigner de votre agression et des suites qu’elle a pour vous et vos proches. Qu’est-ce que cette dramatique expérience vous incite à dire aujourd’hui aux gays ?
Je souhaite que mon agression fasse avancer les mentalités françaises et que nous allions une plus grande tolérance. Nous sommes imposés et payons nos cotisations salariales comme tout le monde, comme les hétéros. Nous pourrions tout de même être autant respectés et tolérés.
Vous êtes jeune. Vous avez vécu une expérience particulièrement traumatisante. Comment voyez-vous l’avenir ?
Comme mes proches ne cessent de me le dire. J'ai énormément mûri et vieilli. Pas physiquement, on me donne toujours 22 ans ! Je suis désormais beaucoup plus réfléchi, beaucoup moins impulsif. Je souhaite vraiment que ce qui m'est arrivé n'arrive plus et que notre cher pays ouvre enfin les yeux sur ses citoyens gay. Je me suis certes fait agresser et aurais dû mourir mais mon orientation sexuelle ne changera pas : je resterais homo toute ma vie. J'en ai toujours été fier et l'ai toujours clamé haut et fort. Je ne souhaite aucunement changer ma vie. Je souhaite juste que le procès arrive très vite pour enfin pouvoir tourner la page et repartir dans une vrai vie.
Propos recueillis par Jean-François Laforgerie
>> Agressé en juillet dernier en banlieue parisienne
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Le 21 juillet 2006, des promeneurs découvrent Bruno Wiel dans un bosquet du Parc des Lilas à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Le jeune homme est, selon, les dépêches de presse, nu. Son corps est couvert d’ecchymoses, son visage tuméfié. Il souffre d’un important traumatisme thoracique et crânien qui conduit l’équipe médicale qui le suit à le placer en coma artificiel durant plusieurs semaines. La veille au soir, Bruno Wiel était présent au Banana Café. C’est à la sortie de cet établissement, vers cinq heures du matin, qu’il aurait rencontré ses agresseurs présumés. Ce sont eux qui le conduisent à Vitry où ils l’agressent. La violence de l’agression homophobe marque la communauté gay qui relaie les appels à témoin de la police. En septembre 2006, trois jeunes hommes, âgés de 20 à 22 ans, originaires de Thiais (Val-de-Marne) sont arrêtés, mis en examen et écroués pour l’agression de Bruno Wiel. Le 20 février 2007, un quatrième homme se livre à la police judiciaire. Les quatre agresseurs présumés sont pouruivis pour "tentative d’homicide volontaire, enlèvement, séquestration, accompagnés d’actes de torture et de barbarie". L’homophobie est retenue comme circonstance aggravante puisque, selon l’AFP, de l’aveu même des agresseurs présumés : "le fait que la victime était homosexuelle [a] décuplé les coups et les sévices". source / ELLICO
http://v2.e-llico.com
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03 mars 2007
SEMAINE DE L'EGALITE

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Pologne : soutien et participation de SOS homophobie à la Semaine de l'égalité
Le 3 mars débute à Varsovie la Semaine de l'égalité, en partie consacrée à la lutte contre l'homophobie. Au programme figurent des manifestations de rue, des expositions et des conférences organisées par différentes ONG polonaises. |
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En raison du climat homophobe entretenu par les autorités politiques et religieuses en Pologne et afin de soutenir la semaine de l'égalité, le Conseil de l'Europe a choisi d'organiser la 4ème réunion des Comités nationaux de campagne de l'opération "tous différents tous égaux" (www.tousdifferentstousegaux.fr/ et http://alldifferent-allequal.info/) à Varsovie avec la tenu d‚un colloque sur le thème de la prévention de l'homophobie.
Le gouvernement conservateur, par la voix de son ministre de l'éducation, le chef de la Ligue des familles polonaises (LPR, ultra-catholique et nationaliste), Roman Giertych, a refusé de se joindre à ce projet.
SOS homophobie fait partie du Comité National de Campagne français de "tous différents, tous égaux " et son président, Jacques Lizé, a été choisi par le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour représenter la France lors de cette réunion. "Nous marquerons ainsi notre soutien à l'action des associations polonaises pour l'organisation de la semaine de l'égalité. Des rencontres sont prévues avec Robert Biedron, le Président de l'association LGBT polonaise Kamapania ainsi que des représentants de l'association Lambda, associations de terrain d'aide aux victimes d'homophobie, partenaires de nos rencontres internationales annuelles, à Berlin", explique SOS homophobie.
Jacques Lizé présentera aux Comités nationaux l'histoire et les actions de SOS homophobie ainsi que plusieurs opérations en faveur des jeunes dont l'association a soutenu la labellisation "tous différent, tous égaux" : "Carton rouge à l'homophobie" du Paris Football Gay (http://parisfootgay.free.fr/), le spectacle "Places des Mythos" de la MJC de Ris Orangis (www.mjcris.org/rubriqueplacedesmythos.html) et le colloque inter associatif international du 16 mai à Paris : "Pour une éducation sans homophobie".
www.sos-homophobie.org
SOURCE : ELLICO http://www.e-llico.com/
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02 mars 2007
Gay Pride : Bertrand Delanoë s'oppose au maire de Moscou lors d'une rencontre

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| Le maire de Moscou Iouri Loujkov s'est retrouvé isolé mercredi à Londres, quand la question de la Gay Pride dans sa capitale a été abordée lors d'une rencontre entre les maires des quatre plus grandes villes européennes. |
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(Photos : GayRussia)
A l'issue d'une réunion de deux jours avec Bertrand Delanoë (Paris), Klaus Wowereit (Berlin) et Ken Livingstone (Londres), où ces élus ont évoqué différents sujets d'intérêt commun (transport, énergie, réchauffement, lutte contre le terrorisme), Iouri Loujkov a reconnu que sa position était "opposée à celle des trois autres" maires concernant cette manifestation gay, interdite dans sa ville en 2006.
Loujkov, qui s'exprimait en russe, mais dont les propos étaient traduits simultanément en français et en anglais, a précisé lors d'une conférence de presse qu'il était contre la "promotion" des minorités sexuelles, la comparant à la promotion de l'alcool et du tabac qui, a-t-il dit, est "mauvaise". Mais il a affirmé que ce n'était pas à lui d'autoriser la manifestation, mais "au tribunal" qui, s'est-il réjoui, "m'a appuyé l'an dernier" en refusant cette manifestation.
Le maire de Paris a réagi, soulignant "qu'on ne devient pas homosexuel, donc il n'y a pas de risque de propagande. Ce n'est pas une maladie que l'on attrape à un moment donné. On naît homosexuel ou hétérosexuel", a ajouté Bertrand Delanoë.
L'organisateur de la Gay Pride moscovite, Nikolaï Alexeev, présent dans la salle, a peu après sorti de sa poche une petite banderole avec un arc en ciel sur fond blanc, sur lequel était écrit "Moskva Pride 06". "Le maire de Moscou est complètement homophobe, c'est le leader le plus homophobe en Europe", a-t-il déclaré à l'AFP. Il a expliqué qu'il espérait néanmoins organiser sa parade le 27 mai mais, a-t-il ajouté, "nous ne pourrons déposer une demande que 15 à 20 jours avant". Une dizaine de manifestants ont également protesté devant la mairie de Londres contre l'attitude du maire de Moscou. "Les gays ne sont pas sataniques, vous l'êtes", avait écrit un protestataire sur un panneau, clin d'oeil à une récente déclaration de Iouri Loujkov qui a qualifié la Gay Pride d'"oeuvre de Satan
SOURCE : ELLICO |
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27 février 2007
Le gay qui a interpellé Sarkozy sur TF1 menacé par des homophobes
Le gay qui a interpellé Sarkozy sur TF1 menacé par des homophobes
C’est lui qui a interpellé Nicolas Sarkozy sur TF1 sur le mariage gay. Frédérick Carles-Font revient les suites de son échange avec le candidat UMP. |
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Magie de la télé, il n’aura fallu que quelques minutes à Frédérick Carles-Font pour se faire un nom et connaître son quart d’heure à la Andy Wharol. C’était le 5 février sur TF1 dans l’émission politique "J’ai une question à vous poser", lorsque ce gay trentenaire a interpellé, lors d’un échange correct mais musclé, Nicolas Sarkozy sur son refus d’ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.
Ce n’était pourtant pas le but recherché par cet adhérent du PS (depuis 2002) et ancien militant de la lutte contre le sida. "Je voulais interpeller Nicolas Sarkozy sur un enjeu de la campagne présidentielle, ouvrir le débat sur ces questions et surtout dénoncer le paradoxe qu’il y a chez lui à prétendre ne pas être homophobe tout en défendant des mesures qui le sont, explique Frédérick Carles-Font. Je pense qu’il y a supercherie à dire qu’on n’est pas homophobe quant on refuse le mariage aux homosexuels en disant que l’amour homosexuel ne vaut pas l’amour hétérosexuel. Je pense avoir un peu fait avancer la cause en posant cette question même si, avec le recul, je pense que j’aurai pu mieux m’y prendre. Mais je l’ai fait et j’en suis content. Je l’ai mis au pied du mur devant plusieurs millions de téléspectateurs."
Frédérick Carles-Font reconnaît qu’il n’imaginait pas que la télé pouvait exposer "si vite et si violemment". Car, il y a certes eu des appels de journalistes, des invitations à des émissions mais son nom s’est trouvé largement diffusé sur des sites ouvertement homophobes. "Cela m’a fait mal de voir mon nom exposé sur des sites ultra catholiques voire fachos, de voir les références à un pseudo "lobby des pédérastes" et surtout que ma grand-mère reçoive des appels anonymes de menaces. Elle a d’ailleurs été contrainte de changer son numéro. Les choses se calment un peu aujourd’hui et on voit moins mon nom sur ces sites hostiles aux gays mais je ne regrette pas d’être intervenu ainsi. C’est ma façon de dire que je ne souhaite pas, parce que je suis gay, être considéré comme un sous-français et ne prendre pour cinq ans de plus."
Propos recueillis par Jean-François Laforgerie
SOURCE : ELLICO |
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19 février 2007
LA JUSTICE DE LILLE INDULGENTE FACE A L'HOMOPHOBIE
| Si les tribunaux condamnent de plus en plus sévèrement les agressions physiques contre des homosexuels, certains jugements restent encore trop légers au regard des faits. Pour preuve ce cas de harcèlement homophobe pendant quatre ans dans le nord de la France. |
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Le 1er février dernier, un individu était poursuivi devant la 6ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Lille pour des insultes et agressions physiques homophobes qui ont duré pendant quatre ans de 2002 à 2005.
Face à un agresseur qui agissait en toute impunité, en l'absence de réaction du voisinage et malgré les plaintes déposées auprès de la police, la victime, épuisée, avait fini par vendre son logement et déménager.
Lors du procès, l'avocate générale a reconnu dans son réquisitoire qu'on n'était pas face à de simples incivilités de voisinage mais d'un véritable harcèlement homophobe. Elle avait requis deux mois de prison avec sursis. La victime, de son côté, avait demandé que la condamnation soit publiée dans le journal La Voix du Nord afin de faire oeuvre de pédagogie et de prévention.
Le délibéré a été rendu le 15 février 2007 déçoit. En effet, la juge n'a pas suivi les réquisitions de l'avocate générale et le prévenu n'a été condamné qu'à un euro de dommages et intérêts, cinq cents euros d'amende et quatre cents cinquante euros de frais de procédure.
SOS Homophobie déplore "l'indulgence du jugement" alors qu'il s'agissait d'actes homophobes récurrents qui ont duré pendant quatre ans jusqu'à une agression physique. "Force est de constater que certains individus sont convaincus que l'homosexualité est "inférieure à l'hétérosexualité", comme l'avait déclaré le député UMP Christian Vanneste dans la presse, et se sentent ainsi autorisés à insulter et frapper des homosexuel-le-s" constate, amère, l'association qui avait pris part à la poursuite du député UMP du Nord et obtenu sa condamnation pour propos homophobes. "Ces déclarations doivent être combattues parce qu'elles inspirent et légitiment les agressions verbales et physiques à l'encontre des personnes homosexuelles". SOS Homophobie demande à la justice "la plus grande sévérité face aux homophobes et demande au gouvernement une véritable politique de prévention et de lutte contre l'homophobie notamment en direction de la jeunesse".
www.sos-homophobie.org Ligne d'écoute anonyme : 0810 108 135 ou 01 48 06 42 41
source : ELLICO
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06 février 2007
Plainte de SOS homophobie et du PSG
Lundi 5 février, le tribunal de grande instance de Paris a rendu son jugement dans l’affaire opposant SOS homophobie et le Paris Saint Germain à l’éditeur et l’hébergeur du site www.suporters-de-marseille.com, qui offrait à la vente des tee-shirts et sweat-shirts portant les logos : « PDSG » au recto, « ANAL + » et « RECTUM » au verso. L’action de SOS homophobie et du PSG, soutenue par le Paris Foot Gay, visait donc à faire interdire la vente de ces vêtements.
La défense avait tenté d'argumenter sur le fait qu'elle ne voyait pas en quoi l'expression « PD » pouvait être une insulte envers quiconque, puisque ce terme ne serait qu'un synonyme d'homosexuel ! Le sigle « PDSG » n’aurait donc aucun caractère injurieux. Ainsi, suivant le raisonnement de la défense, négro ou youpin ne seraient pas des insultes mais de simples synonymes de noir ou juif !
Le tribunal a fait interdiction à l’éditeur du site internet de présenter à la vente des vêtements portant le signe « PDSG » accompagné ou non de la mention « Anal+ rectum ». Le tribunal a en outre ordonné le retrait de la présentation de ces vêtements sur le site dans un délai de 24 heures suivant la présentation de l’ordonnance, exécutoire sur minute, sous astreinte de 1.000 euros par jour de retard. Enfin, l’éditeur a été condamné à payer à SOS HOMOPHOBIE et au P.S.G., la somme provisionnelle de 5.000 € en réparation de leur préjudice moral ainsi qu’une somme de 1.800 € en remboursement des frais d’avocat.
SOS homophobie se félicite de cette décision qui représente un signal fort vis-à-vis de tous ceux qui propagent les insultes homophobes comme si elles étaient moins graves que les insultes racistes ou antisémites par exemple.
Le Paris Foot Gay rappelle que ce genre d'insultes banalisées dans le monde du football entretient un climat dans lequel, par exemple, un jeune footballeur qui découvre son homosexualité ne peut décemment s'épanouir. Il n'est pas question ici d'imposer son style de vie aux autres, il est seulement question d'être soi-même.
C'est pourquoi le Paris Foot Gay demande une nouvelle fois aux instances du football français, à l'instar du Paris Saint-Germain, d'inscrire au plus vite l'homophobie dans la charte contre les discriminations, et d'agir enfin pour enrayer tous les comportements discriminatoires et insultants dans les stades.
SOS homophobie
c/o CGL, 3 rue Keller, BP 255, 75524 Paris cedex 11
www.sos-homophobie.org
Ligne d'écoute anonyme : 0810 108 135 ou 01 48 06 42 41
Secrétariat presse : 06.28.32.02.50 / sos@sos-homophobie.org
SOURCE : SOS HOMOPHOBIE