05 mai 2007
REIMS BASILIQUE SAINT REMI *
Abbatiale bénédictine romane remaniée à l'époque gothique. Tombeau de saint Remi, collection de vitraux du 12e siècle.
En 533, Remi Évêque de Reims, meurt à 96 ans. Issu d'une famille gallo-romaine, il a baptisé Clovis, le roi des Francs.
Son corps est déposé, en dehors des remparts, dans une chapelle dédiée à Saint Christophe, sensiblement à l'emplacement du tombeau actuel. Son renom de sainteté et des miracles répétés attirent très vite de nombreux pèlerins.
On agrandit alors la chapelle primitive aux dimensions d'une église où le corps est transféré solennellement un jour de 1er octobre qui devient la Saint Remi.
Vers 750-760, l'archevêque Tilpin (le Turpin de la Chanson de Roland) s'adjoint des moines bénédictins venus de Saint Denis pour accueillir et guider les pèlerins. C'est le début de plus d'un millénaire de vie monastique.
Vers 852, Hincmar agrandit l'édifice et consacre l'abbatiale carolingienne qui disparaît, après l'an 1000, pour être remplacée par une grande église romane entreprise par Dom Airard, un des premiers abbés élus par les moines.
Le plan trop ambitieux est remanié par Dom Thierry. Il en reste les onze travées de la nef, avec tribunes et bas-côtés - le long transept contourné de galeries au rez-de-chaussée et à l'étage - et une absidiole romane de chaque côté du chevet.
A l'époque, une charpente en bois couvre le tout et un proche à tribune prolonge la façade.
1049, Concile de Reims. Le pape Léon IX consacre cette immense basilique romane.
1162-1198, Dom Pierre de Celle, nouvel abbé, décide un nouvel agrandissement pour faciliter l'accès aux pèlerins. Le porche roman est démoli et on prolonge la nef de deux travées gothiques. Un nouveau chœur gothique, plus profond, avec déambulatoire et cinq chapelles rayonnantes remplace le chœur roman.
En 1181, Dom Simon, successeur de Pierre de Celle, surélève et renforce les murs romans de la nef et y perce un"oculi". Il garnit les piles du XIème siècle de colonnes et colonnettes qui rejoignent, en haut, les nervures des voûtes gothiques remplaçant la charpente en bois.
La vie monastique, florissante au XIIème siècle, décline durant la guerre de Cent Ans. Les abbés "commanditaires" délaissent l'abbaye. Seule exception, Robert de Lenancourt, vers 1506, construit le portail à fenêtre flamboyante (transept sud) et fait réaliser les tapisseries de Saint Remi exposées au musée voisin. Au siècle suivant, le portail nord est à son tour reconstruit. Ainsi disparaissent les bas-côtés qui se poursuivaient jadis au revers des façades du transept.
1622 : La congrégation Bénédictine de Saint Maur réforme l'abbaye au XVIIème siècle. Elle fait construire, en style Renaissance, la colonnade qui clôture le chœur.
1793 : Les religieux sont expulsés après un millénaire de vie bénédictine. Alors que de nombreuses églises de la ville sont démolies, la Basilique, reconvertie église paroissiale, est sauvée.
Le 19ème siècle : le 14ème centenaire du Baptême de Clovis.
Le XIXème siècle voit la reconstruction de la tour nord et du haut de la façade, à partir de la rose, ainsi que l'érection d'un nouveau mausolée. Une collecte nationale, à l'occasion du 14ème centenaire du baptême de Clovis, permet, en 1896, la réalisation de la châsse en bronze doré enfermée dans le mausolée et la couronne de lumière, symbole de la Jérusalem céleste aux douze tribus (les douze tourelles) et dont les 96 bougies évoquent la durée de vie de St Remi.
Durant la Grande Guerre, le martyre de Reims est aussi celui de la Basilique. Les obus incendient la charpente et abattent les voûtes. Les murs sont transpercés. L'hiver 1918 et les intempéries font s'effondrer la tribune sud de la nef restée béante à ciel ouvert. La pierre de la tribune nord est brûlée par les flammes qui détruisent le grand orgue et l'orgue de chœur situés au niveau du chœur des moines.
Les travaux de reconstruction prennent quarante années. L'architecte Henri Deneux applique tout son talent à la parfaite restitution de l'édifice primitif. Le 12 octobre 1958, la Basilique est totalement rendue au culte et à sa destination première : reliquaire de Saint Remi.
Le règne de Clovis débute en 481, dans un territoire divisé et hétérogène. En 481, Clovis est tout juste âgé d’une quinzaine d’années. La nature de son pouvoir est complexe et repose sur des éléments symboliques. En effet, tout d’abord, le nom de Clovis (nom latin : Clodevicus, nom franc : Hlod-Wig) signifie « glorieux au combat »(1). Ensuite, la puissance magique (le mund) du chef guerrier apparaît à travers la chevelure longue : tout roi, tout chef de guerre se doit d’avoir des cheveux longs.
Par la suite, en effet, on assiste à la conversion de Clovis au catholicisme, et à son baptême, qui eut lieu soit en 496, soit en 499. La seule chose sûre à propos de ce baptême est qu’il a eu lieu le jour de Noël à Reims, et que la cérémonie a été menée par l’évèque Rémi.
Le baptême se pratiquait alors par immersion. Le catéchumène (futur baptisé) pénétrait dans une cuve et était immergé trois fois dans l’eau (chiffre qui rappelle la Sainte Trinité), avant de recevoir l’onction avec le chrême (huile bénie).
Lors du baptême de Clovis, Rémi aurait prononcé ces paroles : « Dépose tes colliers, fier Sicambre » Par ces paroles, il ordonne à Clovis d’abandonner les amulettes qu’il porte autour du cou, amulettes qui sont les insignes du paganisme.
Par la suite, le peuple franc adopta, dans sa majorité, la religion catholique.
On assiste de plus, après l’action de l’évêque Rémi, à une prise d’importance d’autres évêques qui tentent de convertir les autres peuples au catholicisme. C’est par exemple le cas de l’évêque de Vienne qui incite (en vain) le roi des Burgondes, Gondebaud, à se convertir.
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